Xicotepec, le Puy-en-Velay mexicain

Impression de déjà vu

Le voyageur, le vrai, est en quête de dépaysement. Il aime l’inconnu, sort des sentiers battus et goûte à tout. Le quotidien des autochtones est un émerveillement pour lui et c’est là tout le charme des voyages. Tout d’un coup, il retourne en enfance, se prend pour un explorateur des temps modernes et, à chaque découverte, en reste comme deux ronds de flan.« C’est quoi ça ? » « Ça se mange ? »  Mais parfois, lorsqu’il s’y attend le moins, quelque chose lui rappelle étrangement son chez-lui. Quelque chose dans le paysage, un monument, un plat ou une musique… La sensation de nouveauté se mêle à un étrange sentiment de nostalgie. Presque tout est différent : climat, langue, végétation, culture… Pourtant, un je-ne-sais-quoi le fait se sentir comme à la maison.

Quand le dépaysement se mêle à la nostalgie

C’est ce qui m’est arrivé à Xicotepec, à mes yeux véritable sœur jumelle mexicaine de mon Puy-en-Velay natal. 

Évidemment, Xicotepec n’est pas une copie conforme du Puy. J’ai aussi eu mon lot de surprises. J’avais la chance d’être avec Sam, un ami mexicain, natif de cette ville. Il n’y a rien de tel pour voyager : pas besoin de se préoccuper de l’orientation ou du programme. Vous vous laissez guider et c’est un luxe incomparable. Au Mexique, on dit « mi casa es su casa » (vous êtes ici chez vous) et c’est une formule à prendre au pied de la lettre. Comme à chaque fois où je me suis retrouvée chez une famille mexicaine, j’ai été traitée comme une princesse (à Colima, à Hermosillo…).

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Les molotes, plat typique de Xicotepec (photo Marie L.).

Chez Sam, j’ai pu goûter les molotes, les bananes plantain frites pour le petit déjeuner, le café, les pâtes à la salsa verde de son cousin, les glaces préférées des gens du coin… Il m’a emmenée voir la cathédrale, le marché d’artisanat, le centre cérémonial indigène et puis un lac artificiel, décor du film Tizoc, tourné à l’âge d’or du cinéma mexicain. En somme, les lieux touristiques mais aussi les endroits moins connus, les meilleurs restaurants et toutes ces petites choses qu’un touriste ne remarque pas forcément ou qu’il voit sans les comprendre.

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Lieu de tournage de Tizoc, à quelques kilomètres de Xicotepec (photo Marie L.).

Des souvenirs pour la vie

Sans Sam, je n’aurais probablement jamais goûté au taco aux testicules de taureau (taco de criadillas)… Je dois dire que ce ne fut pas ma meilleure expérience culinaire. Je n’en ai mangé qu’un seul, généreusement arrosé de jus de citron vert et avec une bonne dose de coriandre. Je suppose que je ne voulais pas mourir bête (après tout, on mange bien des tripes et des escargots). Par contre, quand on m’a proposé un taco de nana (matrice de la truie), j’ai préféré un taco al pastor, une valeur sûre et moins « viscérale ». Ça reste un bon souvenir. Les pires expériences font les meilleures anecdotes. 🙂

Une ville jumelle à plus de 9 000 kilomètres

Pour le Puy, c’est plutôt la dentelle et la liqueur de verveine (photo Marie L.).

Xicotepec est réputé pour son café (photo Marie L.)

Si Xicotepec est devenue si spéciale pour moi, c’est parce qu’elle m’a rappelé ma ville natale. Je pouvais littéralement superposer mes souvenirs à ce que je voyais. Le climat avait beau être à l’opposé, le long des routes tortueuses, la sierra vallonnée ressemblait étrangement aux forêts volcaniques de Haute-Loire. Les traditions et les marchés indigènes, la culture du café d’un côté ; les produits du terroir, le patrimoine culturel et le rythme provincial de l’autre. Deux petites villes perdues et authentiques, presque inconnus de leurs compatriotes respectifs.

La Virgen de Guadalupe et Notre-Dame-de-France

Vierge du Puy-en-Velay (photo Marie L.).

Virgen de Guadalupe à Xicotepec (photo Marie L.).

C’est la physionomie des deux villes qui m’a le plus frappée. Leurs tailles similaires, les régions montagneuses qui les entourent, et surtout, les deux statues monumentales qui veillent sur elles : Notre-Dame-de-France au Puy-en-Velay et la Virgen de Guadalupe à Xicotepec. La première, érigée en 1860, est perchée au sommet d’un rocher volcanique. La seconde, bien plus récente, surplombe Xicotepec du haut de ses 20 mètres. Les deux offrent une vue imprenables sur leur ville.

C’est incroyable de voir à quel point deux endroits du globe si éloignés peuvent se ressembler autant. 🙂

Marie L.

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